L’échange de Jaroslav Halak

Price ou Halak ? Halak ou Price ? Il fallait bien choisir. Et c’est Pierre Gauthier qui a tranché. Jaroslav Halak a été échangé aux Blues de St-Louis en 2010.

17 Juin 2010. Jaroslav Halak passe aux Blues de Saint-Louis, en retour de Lars Eller et de l’ailier droit Ian Schultz. Une transaction signée Pierre Gauthier, alors dg du Canadien, qui va faire bouillir le sang des amateurs et couler énormément d’encre.

Juin 2010, les deux gardiens sont en fin de contrat. Price n’a encore rien prouvé, Jaroslav Halak, lui, vient de connaitre sa meilleure saison, décisif dans la qualification du Canadien pour les éliminatoires.

Surtout, il va être extraordinaire durant les séries éliminatoires. Il mène une équipe faible en finale de conférence, gagnant souvent les matchs à lui seul. C’est le printemps Halak .

History Will Be Made - Jaroslav Halak
History will be made – Jaroslav Halak

Les séries sont passées. Tout le monde se doute qu’un échange s’en vient, le ménage Price Halak ne peut pas continuer. Il faut faire une choix.

Nombreux sont ceux qui préfèrent aveuglément Jaroslav Halak, le héros des séries, à Carey Price. Mais qu’importe les amateurs. Chez le Canadien de Montréal, de l’entraineur au propriétaire, en passant par le directeur général et les recruteurs, tous voient en Price le gardien d’avenir du Canadien.

Pierre Gauthier, le directeur général, craint une offre hostile sur Halak durant l’été. Le signer comme numéro 2 ? Cela couterait très cher et causerait des problèmes de masse salariale. Plekanec, meilleur marqueur de l’équipe, doit signer un nouveau contrat.

Martin McGuire revient sur l’échange de Jaroslav Halak (à 6:10 mn )

Halak fait de l’ombre à Price, choix de première ronde de l’équipe en 2005. Après des séries spectaculaires, il estime légitimement être avoir l’étoffe d’un gardin numéro 1. Les deux joueurs déclarent publiquement qu’il serait difficile , pour leurs carrières respectives, de continuer à jouer au sein du même effectif.

C’est Jaroslav Halak qui s’en va. C’est Carey Price qu’on signe.

«Nous avons aimé ces deux gardiens, mais dans nos évaluations à court terme et à long terme, nous avons décidé de garder Carey. Il a 22 ans, il a déjà beaucoup d’expérience dans la LNH en plus d’avoir connu du succès. Nous sommes très confiants qu’il nous donnera du très bon hockey»

Pierre Gauthier ( rds.ca )

Pierre Gauthier paraphe l’entente. Il garde un Carey Price ultra talentueux, plus que Halak. Price est aussi plus jeune et plus imposant, calme en toute circonstance. Il l’a d’ailleurs montré durant les séries qui viennent de s’achever. Séries que lui, l’espoir numéro 1, a passé cloué au banc, sans grogner, encourageant sans cesse son équipe.

« Je l’ai déjà dit à quelques reprises. Carey avait montré son caractère lors de ce printemps même s’il ne jouait pas. Il ne boudait pas, il restait une pièce importante de l’équipe en travaillant fort lors des entraînements. Il a profité de cette expérience difficile pour catapulter son côté sérieux du jeu. Il était un très bon coéquipier. Je ne sais pas si Carey serait le joueur que nous connaissons aujourd’hui sans le printemps Halak de 2010. »

Brian Gionta ( journal de Montréal )

Le printemps Halak

Durant la saison 2010. Le filet fut partagé entre les deux gardiens.Halak ou Price ? Price ou Halak ? A chaque match, la question se posait à la une des journaux. Ce sont la combativité et le talent du Slovaque qui envoient le Canadien en séries.

En séries , Halak va éclore et s’imposer comme numéro 1. L’équipe devant lui est ordinaire, à l’attaque comme à la défense. Si le CH veut gagner, les gardiens vont devoir se surpasser. Halak va se dresser contre les Caps d’abord, puis devant Pittsburgh, avant de rendre les armes face aux Flyers, aux portes de la finale de la coupe Stanley.

Dès le premier match à Washington, Halak affiche ses intentions et stoppe 45 arrêts sur 47, donnant la victoire au CH. La seconde joute est perdue en prolongation, puis le Canadien ramasse une solide volée au centre Bell : 5-1. Price revient aux commandes pour le match numéro 4 mais Montréal perd 6-4. L’équipe est menée 3-1 dans la série. La fin semble proche

De retour à Washingon. Halak retrouve le filet pour un gain de 2-1.Le 26 Avril 2010, au centre Bel, Jaroslav Halak connait un match tout à fait extraordinaire, réalisant 54 arrêts sur 55 tirs.

Le septième et dernier match a lieu a Washington. Le numéro 41 effectue 44 arrêts et envoie, contre toute attente, Ovechkin et les siens en vacances. C’est le printemps Halak

Contre Pittsburgh, c’est plus ou moins la même chanson. L’offensive du Canadien est à la peine, la défensive aussi. Crosby et les Penguins tirent deux fois plus au filet que le Canadien. Les Habs sortent vainqueurs quand Halak se surpasse. Il stoppe 38 tirs au match 2, 33 au match 4, 34 au 6 et 37 à Pittsburgh le 12 Mai pour le dernier match. Direction la finale de conférence.

Jacques Martin, l’entraineur du CH, n’a pas eu d’autre choix que de surjouer Halak. Mais après deux séries de 7 matchs, 30 tirs en moyenne et une équipe qui courre toujours derrière la rondelle, cela ne suffit plus.

Contre les Flyers, le Canadien ne marquera que 3 pauvres buts en 5 matchs, laissant souvent le gardien seul face aux Flyers. Impossible de gagner. A bout de souffle, le CH les Canadiens sont éliminés

Échange de Jaroslav Halak , qui sort gagnant ?

Le Canadien de Montréal sans aucun doute. Non pas en échangeant Halak, mais en gardant Carey Price. Price fait une carrière de numéro 1 et Halak aura brillé comme numéro 2. Point. Aucune statistique ne vient contredire la situation.

Les autres sujets doivent être jugés séparément.

Lars Eller ? Il devrait encore être à Montréal. Au moment de l’échanger, j’aurais préféré voir partir Plekanec, et comme lors de l’échange de Jaroslav Halak, que l’avantage soit donné à la jeunesse.

Ian Schultz ? Le second joueur acquis dans l’échange avait de très bonnes statistiques mais il n’a jamais joué dans la LNH, comme tant d’autres joueurs échangés.

Si l’équipe a toujours voulu bâtir autour de Price, elle a sèchement échoué et Il est désormais bien tard pour profiter de son talent.

Quant à trouver à Price un gardien numéro 2 pour remplacer Halak … Aie aie aie. Une fois Halak parti, c’est Alex Auld qui a pris la relève, puis Peter Budaj pour 3 ans. La liste est longue jusqu’à aujourd’hui, mais aucun autre n’aura été à la hauteur de Halak, et certainement pas Keith Kinkaid…

A lire :

Price ou Halak, interview de Jacques Martin dans La Presse +

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