L’échange de Gilles Lupien

Gilles Lupien

Le 26 Septembre 1980, Gilles Lupien est échangé aux Pingouins de Pittsburgh. Une transaction qui met fin à la relation tumultueuse entre le grand défenseur et les Canadiens de Montréal.

Le 26 Septembre 1980 :

Les Canadiens de Montréal reçoivent

Choix de 3eme tour pour 1983


Les Penguins de Pittsburgh reçoivent

Gilles Lupien ( D )

Le plus surprenant avec cet échange, c’est qu’il ne soit pas arrivé plus tôt. Gilles Lupien n’ayant jamais mâché ses mots . Il a ouvertement déclaré vouloir être échangé depuis l’automne 1979.

Gilles Lupien n’est pas Bobby Orr , mais un défenseur 6 ou 7, de 6 pieds 6 pouces, qui finit ses mises en échec et, par obligation, laisse tomber les gants.

Choisi par le Canadien au 2nd tour du repêchage de 1974, il se joint au grand club pour la saison 1977-78.

Tout va pendant les deux premières saisons. A sa deuxième année , il joue 72 matchs, pour 1 but et 9 passes, gagne une deuxième coupe Stanley avec l’équipe.

Podcast Drette su’l tape avec Gilles Lupien

Entretien avec Alex Beaucage, 2016

1978-1979

A la fin de la saison 1978 -1979, Yvan Cournoyer, Jacques Lemaire et Ken Dryden prennent leur retraite. Scotty Bowman, à qui on a refusé l’accès au poste de directeur général, s’en va , remplacé par Bernard Geoffrion.

Saison 1979-80 . Geoffrion annonce qu’il va jouer à 7 défenseurs : Savard, Robinson, Lapointe, Engblom, Langway, Gingras et Gilles Lupien.

Lupien est peu utilisé … quand il joue et s’il prend de mauvaises punitions, ce qui arrive quand on a son rôle, il est laissé au bout du banc. Geoffrion l’utilise contre les Flyers, les Bruins, et contre toute équipe ayant besoin de se faire remettre à sa place. Si ce n’est pas le cas, il lui préfère Gaston Gingras.

Des sorties très médiatiques

Gilles Lupien veut jouer au hockey, régulièrement, mais pas seulement être un justicier, qu’on sort quand on rencontre les Flyers. Il se tanne et le fait savoir, avançant qu’il ne veut pas devenir le nouveau Pierre Bouchard

C’est rien qu’une gang d’hypocrites, des menteurs, je suis pas tanné, je suis écœuré, qu’ils m’échangent au plus cris­se, je veux rien savoir d eux autres.

Gilles Lupien , entretien avec Réjean Tremblay, La Presse 30 Novembre 1979

Le 3 Décembre , Claude Ruel remplace Bernard Geoffrion à la place du Canadien et cela n’arrange toujours pas les affaires du défenseur, qui ne joue pas ou peu et perd toute motivation.

Le 24 Décembre à midi, lors d’un entrainement, Claude Ruel demande à Lupien de mettre un peu plus de cœur à l’ouvrage s’il veut revenir dans l’alignement. Le défenseur sort de ses gonds et s’ensuit une terrible engueulade. L’entraineur n’a d’autre choix que d’expulser le joueur de la glace . Son sort avec le Canadien est scellé, il sera tôt ou tard échangé.

La saison ira de mal en pis. Blessé, peu utilisé, il dit à qui veut l’entendre qu’il veut être échangé. Ruel lui préfère même Rick Chartraw à la défense pour un match ou deux.

Les rumeurs d’échange

Gilles Lupien va être échangé, c’est sur, et les rumeurs commencent à fuser. En Mai, sous la plume de Pierre Foglia, on apprend que le défenseur est échangé aux Kings de Los Angeles. L’information sera démentie le lendemain par le directeur général du Canadien Irving Grundman.

La Presse, 12 Mai 1980

La rumeur enfle, on envoie Gilles Lupien un peu partout dans la ligue. Si Grundman avoue avoir eu des discussions avec quelques équipes, aucun n’échange n’est conclu durant la séance de repêchage.

Gilles Lupien échangé

Le 26 Septembre vers 13h, Gilles Lupien est convoqué est convoqué dans le bureau D’Irving Grundman. Le dg lui annonce son départ pour Pittsburgh.

Gilles Lupien jouera 5 saisons supplémentaires dans la LNH, devient VP des chevaliers de Longueuil puis agent de joueurs. .